Comment votre cerveau peut-il créer une douleur alors qu'il n’y a pas de blessure ?

La douleur n’est pas produite par votre dos, votre nuque ou vos épaules.

La douleur est produite par votre cerveau.

Attention : cela ne signifie absolument pas que votre douleur est imaginaire.

Cela signifie simplement que votre cerveau joue un rôle beaucoup plus important que ce que l’on croyait autrefois.

Ce que votre cerveau voit… n’est pas toujours la réalité

Faites une expérience simple.

Regardez autour de vous.

Vous avez l’impression de voir le monde tel qu’il est.

Pourtant, ce n’est pas exactement ce qui se passe.

Votre cerveau reçoit des informations provenant de vos yeux, de vos oreilles, de vos muscles, de vos articulations et de votre environnement.

Puis il les interprète.

Il compare ces informations à vos expériences passées.

À vos habitudes.

À vos peurs.

À vos attentes.

Et il construit ce qu’il pense être la réalité.

Autrement dit : vous ne voyez pas directement le monde.

Vous voyez la version que votre cerveau fabrique.

Une illusion qui change tout

Les neuroscientifiques utilisent souvent une célèbre illusion visuelle.

Deux cases semblent avoir des couleurs différentes.

Pourtant, lorsqu’on mesure réellement leur couleur, elles sont exactement identiques.

Pourquoi notre cerveau se trompe-t-il ?

Parce qu’il tient compte de l’ombre, de la lumière et du contexte.

Il ne montre pas ce qui existe réellement.

Il montre ce qu’il pense être le plus probable.

Votre cerveau agit ainsi en permanence.

À chaque seconde.

Votre cerveau complète les informations manquantes

Saviez-vous que chacun de nous possède une zone aveugle dans son champ visuel ?

Une véritable zone où l’œil ne voit rien.

Pourtant, vous ne remarquez jamais ce trou dans votre vision.

Pourquoi ?

Parce que votre cerveau le remplit automatiquement.

Il invente ce qui manque.

Il construit une image cohérente.

Et il le fait tellement bien que nous n’en avons même pas conscience.

Cette capacité est extraordinaire.

Mais elle montre aussi que notre perception n’est jamais une photographie exacte de la réalité.

Quel rapport avec la douleur ?

C’est exactement le même mécanisme.

Votre cerveau ne se contente pas de recevoir des informations provenant du corps.

Il les interprète puis il décide de la réponse la plus adaptée.

Parfois cette réponse est une augmentation de la tension musculaire, une limitation de certains mouvements , une sensation d’inconfort ou le déclenchement d’ une douleur.

Pourquoi ?

Parce qu’il estime que cette stratégie est la plus protectrice même lorsqu’aucune blessure grave n’est présente.

Pourquoi certains patients ont-ils mal malgré des examens normaux ?

En effet la douleur n’est pas toujours liée à l’état des tissus.

Elle dépend également de la manière dont le cerveau interprète les informations qu’il reçoit.

Deux personnes peuvent avoir exactement la même IRM, l’une n’aura aucune douleur, l'autre souffrira quotidiennement.

Cela ne signifie pas que l’une invente ses symptômes.

Cela signifie simplement que leurs systèmes nerveux ne traitent pas les informations de la même manière.

Le cerveau apprend… dans les deux sens

La bonne nouvelle est que le cerveau est capable de changer.

Les neurosciences appellent cela la neuroplasticité.

Chaque expérience, chaque mouvement, chaque sensation, chaque apprentissage modifie le fonctionnement du système nerveux.

Le cerveau apprend en permanence.

Il peut apprendre à devenir plus protecteur mais il peut également apprendre à retrouver davantage confiance dans le corps.

Le rôle de la chiropratique

Une grande partie des informations utilisées par le cerveau proviennent de la colonne vertébrale, des muscles et des articulations.

À chaque instant, ces structures lui indiquent :

  • où se trouve le corps dans l’espace
  • comment il bouge
  • comment il s’adapte à son environnement.

Lorsque ces informations deviennent moins précises, le cerveau peut avoir davantage de difficultés à produire des réponses adaptées.

L’objectif d’un suivi chiropratique n’est pas simplement de faire disparaître une douleur.

Il consiste à optimiser la qualité des informations que reçoit le système nerveux afin qu’il puisse mieux s’adapter à son environnement.

Parce qu’un cerveau qui reçoit de meilleures informations prend généralement de meilleures décisions.

Ce qu’il faut retenir

La douleur est réelle mais elle n’est pas toujours le reflet fidèle d’une blessure.

Votre cerveau ne se contente pas d’observer votre corps.

Il l’interprète, il l’anticipe, il le protège et enfin il s’adapte.

Et parfois, comprendre ce fonctionnement permet déjà de porter un regard différent sur ses symptômes.

Comprendre son corps, c’est souvent le premier pas vers une meilleure capacité d’adaptation.


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